Vers le mariage contemporain

La coupure se situe dans la seconde moitié du 19ème siècle, époque à laquelle la société urbaine et salariée développe des pratiques foncièrement différentes de celles qui ont cours dans les villages.

FondamentalAux sources du mariage d'amour : le salariat

Les divergences s’accentuent entre d'un côté le monde paysan qui perpétue un modèle de l’alliance très contrôlé par la famille et soumis à une logique patrimoniale et de l'autre la société urbaine dans laquelle se développe le salariat.

La caractéristique du salarié est qu'il vit de la mise à disposition de sa force de travail et non plus d'un patrimoine. Il est libéré du poids de ses parents puisqu’il est lui-même son propre capital. Il n’est plus dépendant de ce que lui transmettent ses parents et donc moins dépendant d'eux dans le choix du conjoint.

RemarqueLes conceptions prénuptiales : indicateur du mariage d'amour

A l’apparition de cette forme de mariage correspond un bond dans les conceptions prénuptiales.

Ce sont les ouvriers qui sont les premiers concernés par le mariage dit de « réparation » qui est organisé si possible avant l'accouchement.

L'inégale diffusion du mariage de sentiment

Les mariages ouvriers deviennent de moins en moins une affaire économique et de plus en plus une affaire de sentiment.

Cependant le souci économique ne disparaît pas pour autant : on se marie au sein de sa filière. Par exemple les fils de tisseurs ou de fileurs épousaient des filles d’ouvriers du textile.

Alors que le mariage ouvrier du 19ème se rapproche d’un modèle « moderne », le mariage dans la bourgeoisie reste toujours gouverné par des stratégies patrimoniales tout au long du 19ème et jusqu’au 20ème siècle. C’est donc toujours un mariage signant l’alliance entre deux groupes familiaux.

Avec la généralisation du salariat, se généralise aussi le mariage de sentiment, non contraint et qui n’est pas mu par des intérêts.

La cohabitation avant le mariage devient chose courante. L’entrée en couple est devenue un processus plus informel et le mariage vient le plus souvent officialiser une union déjà largement consommée.

Le choix du conjoint cesse d’être une affaire des familles et de la société, du moins pour une très grande part de la population française. C’est avant tout une affaire de personnes.