Une codification progressive

L'invention du mariage comme sacrement

Dans les sociétés occidentales, le mariage est un héritage du droit romain et des coutumes germaniques qui admettaient la répudiation et le concubinage.

Le mariage chrétien n'est pas aussi ancien que le christianisme. Il est codifié au Moyen Age.

En 1215, au IVe concile du Latran, le mariage est davantage codifié par l'Église qui l’intègre aux sacrements. Les règles du mariage chrétien sont instaurées pour lutter contre un certain nombre de fléaux qui menacent la communauté chrétienne : les rapts ou les mariages clandestins de tradition germanique. L'Eglise impose alors le mariage comme sacrement indissoluble et constitué par le consentement mutuel des époux.

Cependant, ce type de mariage était porteur de désordre social. Les mariages pouvaient venir chambouler les stratégies de reproduction patrimoniale des familles, à une époque où la terre représentait la richesse principale.

La codification du mariage comme alliance entre deux familles

Dès lors, les parents des classes aristocratiques ont peu à peu affirmé leur pouvoir sur leurs enfants en faisant pression sur le pouvoir ecclésiastique.

De nouvelles réglementations sont mises en place pour affirmer l’autorité paternelle et pour faire du mariage une alliance entre deux familles et deux patrimoines. Le mariage devenait l’affaire des parents.

La doctrine catholique du mariage est fixée par le Concile de Trente et les ordonnances royales de la fin du 16ème et début 17ème siècle.

ComplémentLes règles du mariage au 17ème siècle

  • La majorité requise pour le mariage est de 30 ans pour les garçons et 25 ans pour les filles. Avant cet âge, les enfants doivent solliciter le consentement des parents. Après, seulement leur avis, qu’ils ne sont pas tenus de suivre ;

  • Un délai important est instauré entre la sollicitation de la bénédiction nuptiale et la cérémonie pour éviter les mariages intempestifs et irréfléchis et assurer la publicité d’un acte très important pour la vie de la communauté ;

  • Les bans officialisent le projet de mariage aux yeux de la communauté ;

  • Le prêtre devient un acteur et non plus seulement un témoin du mariage : il doit conjoindre les époux en mariage. Symboliquement, il obtient un droit de regard sur les époux.